Lorsqu’on évoque Dinard, on pense immédiatement à son microclimat, ses jolies villas du début du siècle, à son art de vivre un peu anglais, à quelques encablures des côtes des côtes britanniques. Mais Dinard devint aussi, dès la fin de la première guerre mondiale, un rendez-vous incontournable pour les amoureux du sport équestre.
Fondée le 22 avril 1912 et déclarée à la Sous-Préfecture de St Malo sous le n° 4/00115, sous l’impulsion du Comte Joseph Rochaïd Dahdah, du Commandant Le Tourneur et du Capitaine Poussineau, du Président Poincaré, du Prince de Faucigny Lucinge, la Société Hippique de Dinard avait pour but de contribuer à l’entraînement des officiers de cavalerie des régiments de SAINT-MALO, DINAN, PONTIVY et RENNES, auxquels se sont associés quelques amateurs privés. Elle avait également pour but d’organiser chaque année un grand concours hippique à Dinard.
Une publicité intensive fut faite par André de Fouquière dans les cinq ou six principaux journaux mondains de Paris. Le Comte Rochaïd, Vice-président de la Société Hippique de Dinard, s’occupa de la publicité dans les différents journaux hippiques : La Bretagne Hippique, la Normandie Hippique, le Petit Eleveur, La France Chevaline, l’Acclimatation, Le Sport Universel Illustré, ainsi que des communications au Jockey, à Ouest-Eclair et au Nouvelleté de Rennes, et également dans les principaux journaux de la Manche, de l’Orne, du Calvados, sans oublier le Maine et l’Anjou, afin de faire du Concours de Dinard un succès colossal. Ce concours était prévu du 25 au 28 juillet.
A partir du 1er juin et jusqu’au 10, le Comité présentait à domicile, chez tous les habitants de Dinard, sans distinction, un carnet de souscription à souche. Les souscripteurs furent très nombreux et chaque jour leur liste s’allongeait.
Dès le début juillet, l’organisation matérielle du premier concours hippique de Dinard s’annonçait comme un succès indéniable, comme le « clou » de la saison naissante.
Le programme du concours hippique de Dinard comprenait quatre jours d’épreuves diverses, du 25 au 28 juillet 1912 inclus. Cette nouvelle attraction devait amener à Dinard, spécialement pour le concours, trois à quatre mille personnes. Il y eut cette année-là à Dinard trois cents palefreniers et exposants, deux mille « trains de plaisir », sept à huit cents baigneurs résidants qui avancèrent leur venue dans la station pour assister à la plus passionnante fête sportive et mondaine de la saison.
Le Comité d’honneur était composé du Préfet d’Ille-et-Vilaine, du Général comandant le 10ème Corps d’armée, de Monsieur Jenouvrier, Sénateur, de Monsieur Robert Surcouf, Député, de Monsieur Rohan, Député, du Général commandant la brigade de cavalerie à Dinan, des Colonels du 24ème Dragons et 13ème Hussards, du Directeur des Haras de Lamballe, et de Monsieur Paul Crolard, Maire de Dinard.
C’est ainsi que les 25, 26, 27 et 28 juillet 1912 eut lieu ce tout premier concours hippique sur le terrain de sport de l’Etoile dinardaise, Stade Degas, du Port-Blanc. Le concours débuta le jeudi pour se terminer en apothéose le dimanche après-midi devant une assistance très nombreuse, assistance des plus chics, amoureux du cheval, et ces fêtes remportèrent un grand succès. Les officiers de dragons et de hussards de Dinan rehaussèrent la valeur des cavaliers présentés. On n’avait pas eu le temps de dresser des tribunes assez grandes, cette première année, les spectateurs s’asseyaient sur les pelouses et s’abritaient sous les grands arbres. Ces réunions hippiques eurent toujours lieu sur ce même terrain jusqu’à ces dernières années où elles furent transférées au Centre Equestre du Val Porée.
Pour clore d’une façon très sportive l’ultime journée du concours hippique du 28 juillet, les organisateurs mirent en œuvre, d’une façon impromptue, un grand rallye-paper des plus brillants et très coloré. Ce cross-country partit de Cuplay, en Pleurtuit, et les concurrents arrivèrent au terrain du concours au Port-Blanc où ils sautèrent vaillamment les obstacles.
Ce concours hippique fut une manifestation sportive des plus magnifiques, alliant les compétitions de voitures de place aux chevaux attelés seuls ainsi qu’aux attelages en paires.
En résumé, ce premier grand concours hippique fut un succès sans conteste et plus tard, grâce à cette société hippique, la saison fut avancée chaque année de huit jours au moins.
Et déjà c’était l’année 1913, la deuxième année du Concours Hippique de Dinard, et le dimanche 27 juillet celui-ci ouvrir ses portes. Il devait être cette année là exceptionnellement brillant, sous la direction de Monsieur Poussineau, le propriétaire du Parc de la Malouine, du Commandant Letourneur, du Prince de Faucigny-Lucinge, du Comte Joseph Rochaïd, Président des concours de classes, et du Vicomte Guy de Dampierre, Président des Concours d’Obstacles.
Les engagements furent très nombreux ; des officiers de Dinan, de Chartres, de Vannes et d’ailleurs, figurèrent au programme ainsi que les plus fines cravaches parmi les gentlemen de notre région.
L’organisation matérielle fut sensiblement améliorée, des tribunes plus grandes furent installées et on dressa à l’intérieur des enceintes une exposition florale du meilleur effet.
En outre, le Comité obtint que le tramway de Dinard à Saint-Briac s’arrêtât constamment devant l’entrée du concours, et on demanda à la compagnie de l’Etat d’accorder une validité de sept jours aux billets d’aller et retour pris pour Dinard pendant la durée du concours. Ce fut, cette année-là encore, à une série de magnifiques réunions sportives et mondaines que furent conviés les invités du Comité et les visiteurs venus nombreux applaudir les meilleurs cavaliers de la région.
Le concours hippique de 1913 n’était pas encore commencé que déjà on parlait de celui de 1914. Le Comte Rochaïd, qui en était le père et en même temps l’âme, en organisait les prix et récompenses. Pour faire réellement du Concours de Dinard un concours de classe internationale, ce qu’il est devenu, il fallut faire déplacer les plus grandes écuries de France et les meilleurs éleveurs de la région, et c’est ainsi que le Comte Rochaïd fit en sorte de distribuer un ensemble de prix fixes, tous les ans. Le chiffre s’élevait à l’époque à la somme de dix-huit mille francs. Sur ce chiffre, il répartit dis mille francs aux épreuves d’obstacles ayant lieu l’après-midi, les seuls qui assuraient la recette et qui assuraient le côté spectacle de la cérémonie, et réserva les huit mille autres francs aux chevaux de classe qui étaient la raison d’être du concours hippique subventionné par l’Etat, l’amélioration, la progression, le développement de l’élevage.
On conserva toutes les épreuves d’obstacles de 1912 et 1913, et on y ajouta une épreuve de puissance ainsi qu’un championnat de saut en hauteur.
Aux concours de classes pour chevaux d’élevage, on réserva quatre journées le matin et un total de deux mille francs par journée. On parla de supprimer plus tard le prix d’attelage remporté l’année précédente, en 1912, par le Comte d’Albert-Lake pour ses meilleurs attelages à quatre et cinq chevaux. Le Comte Rochaïd, coachman en retraite, trouvait que ça ne rimait à rien. On vit tout de même, deux années consécutives, les attelages de Comte d’Albert-Lake gagner cette épreuve, mais l’effort fut plus principalement reporté sur le cheval d’élevage susceptible de faire un cheval d’armes, sellé.
Hélas, la Grande Guerre de 1914 éclata et les quelques années qui suivirent virent un ralentissement des sports hippiques. A Dinard même on réquisitionna les chevaux et attelages pour le transport des blessés dans les différents hôtels de la ville, réquisitionnés en hôpitaux complémentaires.
Après-Guerre
Après la guerre de 1914, le Concours Hippique de Dinard repris un nouvel et bel essor.
Les années d’après-guerre furent sans contestation les plus marquantes pour notre concours hippique international qui, avec le feu d’artifice du 15 août, couronnait brillamment chaque année les manifestations estivales de la saison. La participation du Cadre Noir de Saumur rehaussa encore plus, de sa valeur, le spectacle le plus apprécié de la Côté d’Emeraude.
C’était sous le haut patronage de Monsieur Guy La Chambre, Ministre des Relations avec les Etats associés, Député-maire de Saint-Malo et Président de l’Office touristique de la Côte d’Emeraude, qu’avait lieu, dans les années cinquante, le grand et beau spectacle équestre. A ces réunions assistaient le Préfet d’Ille et Vilaine, le Commandant de la 3ème région militaire, et, le plus souvent, le Général Dubreuil, Commandant l’Ecole de l’Armée blindée et de la Cavalerie de Saumur, le Directeur général des Haras, le Maire de Dinard, Monsieur Verney, et plus tard le Député-maire et Ministre, Monsieur Yvon Bourges. Il y avait aussi de nombreux généraux et commandants, ainsi que le Directeur des Haras d’Hennebont, le Colonel de Langle de Cary, Président des Concours Hippiques de Bretagne, et des centaines de personnalités.
Ces concours hippiques étaient organisés les trois jours de week-end précédant le 15 août, avec la collaboration du Syndicat d’Initiative de Dinard, et Messieurs Frontin, Raoult et Maulion mettaient tout en œuvre pour en faire le meilleur spectacle de l’été.
Un nombreux public d’amateurs de sports équestres et de jolis spectacles se pressait dans les tribunes et sur le parterre et applaudissait chaleureusement les remarquables productions des chevaux racés et de leurs cavaliers et amazones qui rivalisaient chaque fois de courage et d’adresse dans les différents prix inscrits au programme varié à souhait.
Des chevaux renommés, des cavaliers précédés par une réputation méritée parmi lesquels on trouvait les plus fines cravaches de France, champions de France de sauts à cheval, faisaient au public une démonstration de leurs meilleurs talents.
Les reprises du Cadre Noir de Saumur animaient ces réunions ; maintenant les traditions de Versailles, il effectuait les airs relevés de « Courbette », « Croupade » et « Cabriole » dont l’origine remonte au XVème siècle alors que dans les tournois ou combats, les chevaliers devaient se dégager rapidement des situations périlleuses.
Le merveilleux cadre de verdure du Port-Blanc (on ne pouvait en trouver de meilleur) mettait en valeur l’un des plus beaux concours hippiques internationaux de France par la valeur de ses cavaliers, les plus fines cravaches d’Europe et la qualité des chevaux qui n’étaient pas moins chaque année d’une bonne centaine, et lui donnait un magistral succès. C’était, de l’avis même d’éminents spécialistes, une compétition comparable à celle de Deauville ou de Vichy. Les grands « cracks » de ce sport se retrouvaient chaque année après avoir été concourir soit à Londres, soit à Dublin. On y voyait les d’Oriola et les d’Orgeix, champions de France et autres champions de Fontainebleau, ainsi que des équipes d’autres pays d’Europe revenant souvent d’Outre-Atlantique.
Le concours était international et on y relevait souvent la participation de la Baronne Empain, qui venait spécialement de Belgique et de Madame Perrone d’Italie.
Ces concours commençant tôt l’après-midi, se terminaient le plus souvent le soir aux alentours de 20 heures. Les courses avaient pour noms : Prix de la Côte d’Emeraude, Prix du Prieuré, Prix du Décollé, Prix de la Ville de Dinard, Prix du Port-Blanc.
Des associations telles que « Le Bien Aller » de Nantes, en tuniques rouges, venaient faire entendre leurs trompes de cuivre pour le régal des connaisseurs et, chaque fois, les caméras de la télévision, juchées sur le toit des tribunes, filmaient ces concours qui passaient simultanément sur la chaîne de télévision.
Le dimanche soir, pour clôturer ces grands concours hippiques internationaux de Dinard, avaient lieu les remises des coupes offertes par le Casino et par les Sociétés Hippiques, ainsi que par la Ville de Dinard, et résonnaient les trompes et les cors de chasse qui alternaient avec les attractions figurant aux programmes, comme les élections de Miss Dinard ou Miss Côté d’Emeraude, et les soirées se terminaient dans une excellente ambiance.
Dès 1934, devant le succès de la manifestation et l’augmentation croissante du nombre de cavaliers étrangers invités, le jumping international prit un caractère officiel.
DINARD a toujours accueilli, à chaque époque de son histoire, les plus grands cavaliers mondiaux.
Le Jumping de Dinard est international depuis 1960. Depuis lors, la vocation de la plus importante manifestation équestre de la Bretagne nord à accueillir les plus prestigieuses compétitions du calendrier international, n’a cessé de s’affirmer :
1969 : Championnats d’Europe Juniors
1972 : Ultime rendez-vous avant les Jeux Olympiques de Munich
1985 : Championnats d’Europe Seniors
1988 : Ultime rendez-vous avant les Jeux Olympiques de Séoul
Le Val Porée
Après deux ans de travaux, la SOCIETE HIPPIQUE de DINARD organise son premier jumping international en 1981, sur le nouveau terrain du Val Porée. (Inauguration du Stade Equestre le 8 août 1981). La Ville de DINARD avait réalisé l’un des plus beaux stades équestres du monde sur le site enchanteur de la baie du Prieuré.
DINARD connaîtra son heure de gloire en organisant les Championnats d’Europe seniors en août 1985 avec une affluence record en dénombrant pas moins de 10 000 visiteurs par jour. La grandeur de l’évènement motivait la présence de sponsors majeurs. Les couleurs du terrain étaient celles de : GUCCI, VOLVO, MERCEDES, RENAULT, AUDI, MOËT ET CHANDON, COCA-COLA, BRITTANY FERIES, HEINEKEN…
De 1988 à 1992, le Jumping International de Dinard accueille le CSIO de France (Concours de saut international officiel), label attribué par la Fédération Equestre Internationale une fois l’an pour chaque pays. Dinard rejoint à ce titre les prestigieux CSIO d’Hickstead, Rome, Aix la Chapelle et autre Dublin…
La notoriété de cet évènement, la qualité des infrastructures du Stade Equestre Colonel de Chaisemartin et la haute tenue des épreuves qui voient s’affronter les meilleurs cavaliers internationaux font du Jumping International de Dinard, le rendez-vous équestre le plus couru de la saison estivale.
Avec toute son équipe, Bertrand Claudeville, Président de la société depuis 1997 a poursuivi le travail de diversification des manifestations organisées par la Société des Concours Hippiques de Dinard.
La collaboration des partenaires institutionnels, département et région, ainsi que la présence indispensable et remarquable de la Ville de Dinard, nous permettent de travailler d’année en année à l’amélioration de la qualité de nos épreuves. Les cavaliers français et étrangers ont décerné au CSI B de Dinard 1998 le prix de la meilleure organisation. Cette distinction dont nous sommes fiers, nous permet aussi de continuer nos efforts grâce à une équipe aux compétences multiples, unie par la passion du Cheval.
philippe decarne
http://philippe.decarne.pagesperso-orange.fr/Accueil.htm

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